Trois questions à Moctar Ousmane Sy, jeune cadre du parti URD : “Nous devons rester debout de sorte que Soumaïla Cissé soit fier de nous voir parachever l’œuvre de sa vie”

Jeune cadre du parti Urd et jeune leader politique engagé et déterminé, Moctar Ousmane Sy évoque dans cet entretien le décès de l’ancien président de la République, le Général Amadou Toumani Touré dit ATT, le 10 novembre 2020 en Turquie à 72 ans et celui de Soumaïla Cissé (Président de l’Urd et chef de file de l’opposition) le 25 décembre dernier, à Paris, en France. Il s’est également prononcé sur l’avenir du parti Urd. Suivons l’interview !

Aujourd’hui-Mali : Comme vous le savez, 2020 a été une année douloureuse avec la disparition brutale de plusieurs personnalités maliennes dont l’ancien Président, Amadou Toumani Touré ?

Moctar Ousmane Sy : Effectivement, 2020 a été une année noire pour notre pays qui a perdu de valeureux fils dont le Président Amadou Toumani Touré. C’est la nation malienne elle-même qui a été affectée.

Que dire pour rendre hommage à un homme d’Etat unique en son genre que j’ai eu la chance de connaitre et d’approcher depuis mon plus jeune âge.  Il a toujours été l’ami des enfants comme il aimait le dire.

Son amour pour le Mali, sa disponibilité dans une grande courtoisie et son respect absolu de l’humain ont été exprimés, avec éloquence et exactitude, dans les riches témoignages qui ont suivi son décès.

Je voudrais, pour ma part, mettre l’accent sur les qualités humaines d’un homme rassembleur, courageux et solidaire avec son peuple.

Je voudrais également souligner que l’homme a été un soldat de la Paix, sa très grande loyauté et son esprit conciliant lui ont permis de réunir les Maliens autour de sa vision. Aussi, pendant près de dix ans, le Président Amadou Toumani Touré n’a ménagé aucun effort pour la construction de notre pays au regard de ses nombreuses et importantes réalisations à travers le pays.

Paul Valéry disait “Les grands hommes meurent deux fois, une fois comme hommes, et une fois comme grands.”

Le Président ATT a écrit une des plus belles pages de l’histoire de notre pays et nous laisse en héritage la lourde responsabilité de poursuivre ensemble la construction nationale pour le bonheur des jeunes et futures générations.

Et comment vous avez vécu le décès du Président Soumaïla Cissé ?

Le décès du Président Soumaïla Cissé a été un coup de tonnerre pour le peuple malien. Il m’a été sincèrement difficile d’accepter la perte de cet autre valeureux fils du Mali.

Exercice difficile que celui de me prononcer sur le Président Soumaïla Cissé et son parcours d’exception en quelques phrases, tant l’homme a symbolisé la modernité en politique pour toute une génération de cadres sur le continent africain. Il a été un modèle porteur de promesse d’un avenir meilleur pour la jeunesse africaine. L’Afrique a besoin de modèles, l’Afrique a besoin de symboles. Ils sont rares de nos jours.  Le Président Soumaïla Cissé en était un pour au moins deux raisons :

1) Un parcours révélateur d’une technicité hors normes pour un homme aux talents d’innovateur, un homme de la trempe de ceux qui ouvrent des voies.

La politique foncière et immobilière organisée et impulsée par l’Etat, c’est lui. L’accueil de la CAN 2002 dans les délais et avec les équipements prévus, encore lui. Les résultats n’ont pas manqué à l’échelle sous régionale où l’Uemoa a atteint le niveau de structuration que nous lui connaissons aujourd’hui, grâce encore au Président Soumaïla Cissé. Organisateur rigoureux, impulseur de dynamiques, l’homme a laissé ses empreintes partout où il est passé et s’est attaché l’estime et la fidélité de ses collaborateurs.

Inspirant, il l’était. Polyvalent aussi. Ceux qui ne voyaient en lui “qu’un excellent technocrate” ont fini par admettre unanimement son talent politique.

2) le Président Soumaïla Cissé était un modèle d’homme politique africain du 21e siècle. Il a fait les frais d’être en avance sur son temps. Pédagogue, persévérant et surtout pacifiste, il s’évertuait, parfois à son détriment, à démontrer les règles d’un jeu démocratique très souvent malmené par ses adversaires.

Le 25 mars dernier, il était tombé dans un affreux piège. Il nous a tant donné individuellement et collectivement qu’il était de notre devoir de nous mobiliser aux côtés de nos camardes de l’Urd pour exiger et obtenir sa libération des mains de ses ravisseurs. Mes braves camarades jeunes du Collectif crée pour sa libération ont obtenu le respect de tous grâce à leur engagement dans un amour inconditionnel pour lui.

Sa disparition est un sérieux coup dur pour la famille Urd qui perd à la fois son Président et son père fondateur qui, avec ses camarades, ont fondé ce parti avec l’ambition de bâtir le Mali par l’unité, la justice et le travail.

L’émergence d’un modèle est lente et aléatoire. Le Président Soumaïla en était un. Sans lui, nous risquerons de nous égarer sur le chemin de la maturité politique, mais pour autant, nous poursuivrons son combat pour restaurer l’espoir chez les Maliens.

Il sera l’absent le plus présent !

Puisse Dieu lui accorder le repos éternel en son saint paradis.

Comment voyez-vous l’avenir au sein du parti l’Urd ?

Il est indéniable que la disparition Soumaïla Cissé est une véritable épreuve pour l’Urd, mais notre parti est fort et nos militants sont convaincus que nous sommes une grande famille politique dont la construction et la maturation ont été amorcées par son défunt Président qui a de son vivant œuvré sans relâche à la formation et à la promotion des cadres, en prônant l’excellence et la culture du mérite.

Conséquemment, il nous appartient de poursuivre intelligemment son œuvre, premièrement en consolidant les acquis au niveau du parti par l’unité et le rassemblement et deuxièmement en portant sa vision dans le seul intérêt du Mali pour restaurer l’espoir tel que promis aux Maliens.  Je pense que ce serait le meilleur hommage que nous puissions lui rendre.

Pour ce faire, il nous faut rester debout et partir en rangs serrés plus qu’hier de sorte que le Président Soumaïla Cissé soit fier de nous voir parachever l’œuvre de sa vie. Dans cette difficile mais noble mission, nous devons utiliser notre union et notre entente cordiale comme boussole de nos actions.

           Réalisé par El A.B. Haïdara

Source: Aujourd’hui-Mali

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