Tueries sous IBK : Un dossier brûlant…

L’un des dossiers brûlants sur la table des Autorités de la transition est sans doute celui relatif aux enquêtes sur les tueries lors des journées d’émeutes contre le Régime défunt d’IBK. En plus d’être une exigence du M5-rfp, ces enquêtes sont attendues pour une frange importante de la population malienne. Aujourd’hui, les Maliens s’interrogent, en effet, sur une affaire de sang, lui rappelant cette autre répression sanglante qui avait précédé la chute de la dictature du GTM en 1991. Là les Dirigeants de l’époque, en tête Général Moussa Traoré, avaient comparu devant la justice. Autre temps, autres mœurs ? Les Maliens ont les regards braqués sur le pouvoir…       

En effet, entre les 10 et 13 juillet 2020, les manifestations organisées par le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-rfp) pour exiger la démission du Président Ibrahim Boubacar Kéïta (finalement renversé par le Comité national pour le salut du peuple/CNSP, le 18 août 2020)  ont fait l’objet d’une violente répression de la part du Régime d’alors. Bilan : 14 morts et 40 blessés selon un Rapport d’enquêtes publié en décembre 2020 par la MINUSMA.

 Le 10 juillet 2020, à l’appel du M5-rfp, des centaines de milliers de citoyens avaient convergés vers la place de l’Indépendance  pour exiger la démission du Président Ibrahim Boubacar Kéïta pour raisons de mauvaise gouvernance, d’incapacité à résoudre la double crise sécuritaire et scolaire, de mettre fin à l’occupation des Régions du Nord et du Centre par les groupes rebelles et terroristes, le tripatouillage des résultats du scrutin législatif 2020, la corruption et le phénomène de népotisme érigé en système.

 Ainsi, la manifestation qui devait initialement être pacifique, selon les Dirigeants du M5-rfp, a dégénéré en violences et a paralysé la ville de Bamako durant les journées des 10 et 11 juin, avec des réactions conséquentes qui se sont poursuivies jusqu’au lundi 13 juillet 2020. Les attaques contre les Institutions de l’Etat, le saccage de certains édifices gouvernementaux dont l’Assemblée Nationale, l’occupation de la cour de la Radio nationale (ORTM)…

Pour contenir la manifestation, les forces de sécurité ont réagi avec une force excessive,  tirant des gaz lacrymogène et à balles réelles sur les manifestants civils non armés, ce qui a entraîné une répression sanglante causant des morts, des arrestations dont cinq principaux Dirigeants du M5-rfp et des dizaines de militants. Deux journalistes ont également été attaqués par des personnes non identifiées.

 Dossier transmis à la justice…

Depuis les évènements dramatiques, les 11, 12 et 13 juillet 2020, le M5-rfp a, dans tous ses documents officiels, réclamé justice pour les victimes. Après le renversement du Régime IBK et la mise en place des Autorités de la transition, le premier travail qui était attendu de la justice malienne, c’était de faire la lumière sur ce drame qui a endeuillé plusieurs familles. C’est en tout cas ce qu’a réclamé le mouvement.

Déjà, le M5-rfp avait annoncé le 5 août 2020 avoir déposé une plainte devant les juridictions nationales compétentes contre la police nationale et la FORSAT (force anti-terroriste). Cette unité spéciale est, comme son nom l’indique, spécialement formée et équipée pour des opérations de lutte contre le terrorisme. Ainsi, la police, la garde nationale et la gendarmerie disposent chacune de ses éléments Forsat. Quels sont les éléments qui étaient déployés sur le terrain au moment des faits ? Sous quel commandement ? Leur déploiement a-t-il été ordonné par qui ? Ce sont là, entre autres, questions qui attendent des réponses.

Selon Me Demba Traoré, membre du collectif d’Avocats du M5-rfp, une enquête a été ouverte par un Juge d’instructions du Tribunal de Grande Instance de la Commune III du District de Bamako. « Le collectif d’Avocats qui a toujours défendu les Droits des membres et sympathisants du M5-rfp durant la contestation, a saisi le Procureur Général de la République sur la situation des victimes des 10,11 et 12 juillet 2020. Ce dernier, à son tour, a saisi le Procureur de la République près le Tribunal de la Grande Instance de la Commune III, District de Bamako. Lui aussi, à son tour, a confié le dossier à un Juge d’instructions qui est déjà au travail ».

En outre, Choguel Kokalla Maïga, Président du Comité stratégique du M5 indiquait à la presse en août 2020 qu’une plainte est en cours d’être déposée auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour les mêmes faits. C’est une affaire qui tient particulièrement le M5-rfp à cœur parce que nous ne pouvons pas accepter que l’argent du contribuable soit utilisé pour équiper nos forces armées et de sécurité pour combattre le terrorisme que ces armes soient retournées contre les Maliens à mains nues », a-t-il dit.

Mais force est de constater que, depuis l’ouverture d’une information judiciaire contre X au niveau du Tribunal de Grande instance de la Commune III du District de Bamako pour « fait de meurtre, coups de blessures aggravés et coups mortels » l’enquête n’a guère progressé. Pis, elle semble être renvoyée aux calendes grecques. Cependant, les victimes ont besoin que les responsabilités soient situées et les auteurs des violations de Droits de l’Homme et actes de violence traduits devant la justice.

Mais au-delà, cette affaire, tout comme beaucoup d’autres sous IBK semble embarrasser les autorités actuelles. Volonté de les enterrer ? C’est là toute la question !

Mémé Sanogo

Source: Journal l’Aube- Mali

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