Vie Politique : Alerte disparition des acteurs politiques

La transition est, par essence, une période de co-construction de l’avenir politique d’un pays. Le Mali se surprend à vivre cette période cruciale avec un silence assourdissant de certains acteurs politiques qui n’hésiteront pas à sortir de la caverne à quelques encablures de 2022.

Ils sont, pour certains, coutumiers du fait et pour d’autres, l’occasion fait le larron. Deux catégories de politiques intermittents du spectacle se dégagent globalement.

D’abord, nous avons les acteurs intensifs. Par emprunt aux stratégies de la communication, qui veulent qu’une campagne peut être extensive (longue dans la durée mais distillée avec un dosage raisonnable) ou intensive (concentrée sur une courte période et une zone précise), ce type de politiciens a compris qu’il lui faut juste concentrer son activisme politique dans les trois mois qui précédent l’élection. Ceci à l’avantage de ne pas être coûteux, et d’avoir un effet de massification pour ceux qui s’en donnent les moyens. Les acteurs intensifs n’ont pas de structure politique solide, le plus souvent ils sont portés par des clubs d’amis ou des associations à vocation politique. Ce sont des candidats indépendants, forts de leur notoriété propre et qui ont de quoi s’entourer d’une masse, qui tentent un coup de bluff politique pour avoir une meilleure place au soleil. Ils n’apportent rien au débat politique et ce n’est pas leur intention première. Harouna Sankare est la parfaite illustration de ces politiciens « intensifs » du moment.

Ensuite nous avons « les idéologues pauvres ». On leur reconnaît leur capacité à apporter une intense réflexion à la vie de la nation mais ils sont limités, soit par les moyens et la structure politique, soit par leur idéation lunaire, parfois inaccessible. Ils interviennent par intermittence et de façon sporadique durant le processus de préparation électorale et sont suffisamment présents lors des débats d’avant la campagne.

N’ayant pas de quoi faire une campagne honorable, ils espèrent tenir le discours qui va mobiliser une certaine foule, suffisante pour s’allier à un potentiel futur vainqueur des élections. Pour ceux qui disposent d’une structure politique, ils font d’abord parler d’eux par le bout d’une ou deux réunions médiatisées de leurs bureaux politiques avant d’attendre la ferveur des campagnes et exposer de belles idées qui ne sont pas toujours soutenues par une conviction collective.

Enfin, malgré tout, l’on pourrait ajouter à tous ceux-là, les « opportunistes » qui savent, avec brio, capter les frustrations du peuple pour s’en faire l’écho, et espérer ainsi porter une « candidature du peuple ». La vérité des urnes ne leur a jamais été favorable quand ils arrivent qu’ils réunissent de quoi payer la caution des élections.

Dans un peu moins d’un semestre, les différentes catégories de ces politiciens réapparaitront comme par enchantement pour vendre de la poudre de perlimpinpin au peuple malien. Reste à savoir si ce peuple sera suffisamment naïf pour ne pas comprendre.

Y.KEBE

Source: Bamako News

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