#EllesFontFace : les agentes en santé sexuelle et reproductive toujours sur le front

En cette période de crise pandémique, le personnel sanitaire est exposé. En plus des urgentistes, chargés de la prise en charge des malades de la Covid-19, les agentes en santé sexuelle et reproductive (sages-femmes, matrones et infirmières obstétriciennes) restent toujours sur le front.

 

Selon une récente étude sur l’impact de la Covid-19 sur les violences basées sur le genre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), la production de matériels et d’équipements dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 limite la production de contraceptifs et d’autres produits de services liés à la santé sexuelle et reproductive (SSR).

Cette situation risque d’affecter la prestation de services et entravera le travail des amazones évoluant dans ce domaine. Cela est problématique, car limite leurs capacités à répondre aux besoins des patientes. De plus, la réorientation des ressources humaines et des matériels dédiés à la SSR vers ceux de la Covid-19 aura aussi de lourdes conséquences.

Il est à noter également la diminution de l’utilisation des services de la santé reproductive en raison de la perte de revenus, la violence basée sur le genre et le manque de ressources des clientes pour atteindre les établissements de santé.

Personnel insuffisant et patientes découragées

Nous avons approché des agentes en santé sexuelle et reproductive à Bamako et dans la région de Koulikoro afin de mettre en évidence les difficultés auxquelles elles sont confrontées. Selon une matrone à Koulikoro, les mesures de protection ont affecté le flux de leur travail. En temps normal, confit-elle, leur maternité est remplie de femmes qui ont besoin d’avoir accès aux services) de santé sexuelle et reproductive (SSR.

Mais, dans le souci de respecter les mesures barrières, elles doivent libérer les femmes en leur demandant de repasser un autre jour. « Cela les décourage, surtout celles qui sont enceintes, car elles payent le transport pour être ici. À cause de cela, certaines pourraient ne pas revenir pour leurs soins prénatals», témoigne la sage-femme.

Une autre sage-femme à Bamako, en activité depuis 6 ans, pointe le manque de personnel. En temps normal, l’effectif des prestataires de services de SSR se situe entre 5 et 7 personnes, explique-t-elle. Mais, en cette période de Covid-19, elles sont trois au maximum. « Cela rend notre travail difficile parce que généralement trois d’entre nous travaillent pour fournir des soins à une seule femme : l’une prend la tension et le poids, une autre prend note et la troisième ausculte. Maintenant, une seule personne doit faire tout cela. », déclare-telle, tout anxieuse.

Un personnel très exposé

À Bamako, une situation reste inquiétante : des femmes ne croient pas à l’existence de la Covid-19 : « Cela nous met non seulement en danger car beaucoup ne respectent pas les mesures barrières, mais ça nous surcharge également mentalement », ajoute cette infirmière obstétricienne

Dans un centre de santé à Koulikoro, une matrone ajoute que les prestataires doivent se précipiter et faire les choses rapidement pour éviter de regrouper les femmes en attente. Dans un autre centre de la même ville, elles ont pris des mesures et ont fait une causerie-débat sur la Covid-19 avec les femmes qui viennent vacciner leurs enfants.

Besoin de soutien

Malgré leur exposition aux risques d’attraper la Covid-19, les agentes en SSR font en sorte toujours que les femmes accèdent aux services SSR. Alors, nous devons être très reconnaissants envers elles.

En tant qu’amis, membres de leur famille, collègues, fournissons leur une aide, un soutien émotionnel et psychologique. Il faut aussi toujours leur rappeler de respecter les mesures barrières, de désinfecter leurs équipements comme les blouses, la table de consultation.

Source : Benbere

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