BRAS DE FER GOUVERNEMENT – UNTM : Faut-il craindre le pire ?

Le pays a été paralysé par une grève de 5 jours des travailleurs de l’administration publique, la semaine dernière. Compte tenu de la détermination des grévistes et le manque de ressources de l’Etat pour y répondre, des analystes craignent le pire.

Dans le bras de fer qui oppose le gouvernement à la plus grande Centrale syndicale du Mali, l’Untm, les choses sont loin de s’améliorer. D’aucuns parlent d’une possible  application par les autorités de la transition de la loi relative aux réquisitions de personnes, de services et de biens qui pourra contraindre les syndicalistes à mettre un terme aux protestations. Mais l’Untm pourra s’appuyer sur les multiples violations de la loi par le gouvernement pour refuser d’abdiquer. Ce qui aurait des conséquences très fâcheuses pour le pays, déjà fragilisé par une crise multidimensionnelle.

Le droit de grève n’est pas un droit absolu et  celui qui  viole la loi ne peut pas s’ériger en donneur de leçon.

En guise de rappel, au moment où la protestation contre l’ancien régime battait son  plein, des pseudos juristes ont trouvé le moyen de qualifier cette lutte d’irrégulière en s’appuyant sur la loi. L’un des principaux arguments des protagonistes regroupés au sein du M5-RFP  était que les autorités de l’époque avaient trop piétiné la loi derrière laquelle elles essaient de se faufiler.

Aujourd’hui, avec la transition dirigée par Bah N’DAW, la même chose risque d’arriver. Après, le torpillage de la loi a commencé par le remplacement de la Charte de transition par la Constitution qui permet aux autorités d’instaurer le poste de vice-président, occupé par le Colonel  Assimi Goïta et le scandale lié à la désignation des membres du Conseil national de la transition au cours duquel le contenu du décret de nomination a été violé. Si l’État décide d’appliquer la loi relative aux réquisitions de personnes, de services et de biens, la plus grande centrale syndicale du Mali, l’Untm, pourra utiliser ces prétextes et refuser d’abdiquer. C’est l’analyse de bon nombre d’observateurs.

Ils estiment que cette loi a pour objet de définir les conditions d’exercice du droit de réquisition dans les seuls cas prévus par les lois sur l’organisation générale de la défense et sur les états d’exception. Le droit de grève est suspendu pendant toute la durée de la réquisition.

Pour trouver une issue favorable, la seule alternative à première vue est celle du dialogue que le président Bah N’Daw avait fait capoter à travers ses propos nonchalants à l’encontre des grévistes. Même si aujourd’hui les parties sont revenues autour de la table des négociations.

Ce qui est sûr, c’est que les nouvelles autorités du pays ne doivent en aucun cas négliger une protestation, quelle que soit la portée. S’il est utile de le rappeler, c’est de par la rue qu’elles sont aujourd’hui au pouvoir.

Abdrahamane BABA KOUYATE

Source: Azalaï Express

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