Avec l’album «Kôrôlen»: Toumani Diabaté sur orbite pour un 3è Grammy

Il en rêvait : partager un album sur lequel la kora communie aisément avec la musique classique ! Et Toumani Diabaté, la légende de la Kora, vient de concrétiser ce rêve avec son nouvel album réalisé avec l’orchestre symphonique de Londres (The London Symphony Orchestra/Royaume uni).

«Kôrôlen» est une œuvre de six titres (Hainamady Town, Mama Souraka, Elyne Road, Cantelowes Dream, Moon Kaïra et Mamadou Kanda Kéita) disponible sur toutes les plateformes de téléchargement depuis le 23 avril 2021. Et ils sont nombreux les critiques qui pensent que cet opus peut se tailler un Grammy Awards.

«Kôrôlen» (un clin d’œil au passé, aux traditions voire aux racines), selon le teaser de l’opus, a été commandé par le Barbican Centre de Londres (Angleterre) et produit par «World Circuit». En dehors de Toumani Diabaté, on y retrouve également des musiciens maliens bien connus, dont feu Kassé Mady Diabaté, dont la sublime voix résonne nostalgiquement sur «Mamadou Kanda Kéita», et Lassana Diabaté (balafon).

Le titre générique, «Kôrôlen», résume bien cette œuvre de très belle facture avec d’anciennes mélodies africaines qui fusionnent avec des arrangements symphoniques occidentaux pour créer un son que des critiques classent comme «un magnifique afro-néo-classique». «Cet album est si frais et si original qu’il ne devrait avoir aucune difficulté à plaire à la fois aux amoureux de l’Afrique et sa musique traditionnelle, ainsi que de nouveaux classiques et de la musique d’ambiance…», a commenté un critique anglais.

Le roi voire la légende de la mythique kora fait scintiller cet album par des gammes inédites naviguant entre tradition et modernité. Comme nous l’écrivions au début, cette expérience concrétise un vieux rêve de Toumani Diabaté dont la quête a toujours été d’ouvrir «une porte universelle à la kora afin que les gens n’écoutent plus ses sensationnelles sonorités comme celles d’une musique seulement traditionnelle». Sur «Kôrôlen», il relève brillamment ce défi d’honorer ce «passé qui croise le présent pour ouvrir la voie au futur».

Cette quête explique sans doute ces nombreuses et brillantes collaborations avec des monstres sacrés ou sa participation à des projets de divers horizons comme Taj Mahal, Björk, Béla Fleck, Damon Albarn, Ketama, Roswell Rudd, Afrocubism (2010), Playing for Change, Silkroad Ensemble, Sing me home (2016) et récemment Lamomali (2017)…

On n’oubliera pas surtout les deux superbes albums réalisés avec le regretté Ali Farka Touré. Il s’agit de «In the Heart of the Moon» (2005), et «Ali and Toumani» (sorti le 25 février 2010), deux chefs d’œuvre récompensés par le Grammy Awards du «Meilleur album traditionnel». Mais, avec «London Symphony Ochrestra», Toumani franchit certainement un cap plus audacieux dans sa volonté de toujours s’ouvrir aux musiques d’inspirations diverses. Et le résultat est visiblement à la hauteur des attentes puisque cette œuvre suscite déjà les éloges des premiers critiques qui l’ont entièrement écouté.

«La musique est si merveilleusement belle ! J’ai déjà joué un morceau dans mon émission de radio et j’ai hâte d’entendre l’album complet afin d’en jouer davantage», confesse un animateur australien. Et selon les premières réactions, «Kôrôlen» met encore Toumani Diabaté sur orbite pour un 3e Grammy Awards de sa carrière.

Considéré comme l’un des plus grands joueurs de kora de tous les temps, Toumani Diabaté est né en 1965 dans une famille de griots, il est le fils de Sidiki Diabaté, reconnu dans toute l’Afrique de l’Ouest pour être le roi de la kora. En digne héritier, Toumani s’est fait une réputation mondiale avec sa kora toujours avide d’expériences atypiques !

Moussa BOLLY

Source : L’ESSOR

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