Développement de l’Afrique : Sortir du piège des aides occidentales pour trouver nos propres schémas de développement

«Avec plus de 80 000 morts en France, Emmanuel Macron a l’audace de nous dire qu’il va venir nous aider à nous développer et en finir avec le jihadisme» ! C’est l’une des raisons de la colère exprimée par Mme Aminata Dramane Traoré dans un document audiovisuel intitulé : «Des armes et des urnes» (Mali Kura, Forum sur un autre Mali).

Comble de l’hypocrisie, c’est maintenant que la France semble avoir pris conscience que les armes seules ne suffisent pas à éradiquer le terrorisme au Sahel. «Il n’y a pas de stabilité possible au Sahel sans solutions durables pour les populations. C’est pourquoi, l’aide au développement est essentielle. Avec des actions pour l’économie, l’éducation ou encore la santé, les résultats sont là. C’est du concret», a déclaré Macron.

Il est évident que le retour de la «stabilité durable» au Sahel n’est possible que si des réponses aux causes profondes des crises sont apportées. Et elles sont socioéconomiques pour améliorer le quotidien des populations et redonner espoir à la jeunesse. Mais, brandir l’Agence française du développement (AFD) comme porteuse de solutions concrètes au développement de nos Etats est un leurre de plus.

L’aide au développement est le plus sérieux obstacle à l’émergence socio-économique de nos Etats. Et surtout qu’elle est essentiellement budgétaire. Sans compter qu’elle permet aux bailleurs de fonds de sauvegarder la part de marché de leurs entreprises dans nos pays aux dépens des entreprises nationales condamnées à être juste des sous-traitantes.

Le président français l’a d’ailleurs implicitement reconnu en se prononçant récemment sur la gestion de la dette de l’Afrique. Il a proposé d’aider les pays africains à relancer leurs économies par «l’émission des droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international» (FMI). Ce qui signifie, selon Emmanuel Macron, que «nous aurions l’émission de 500 milliards de dollars de DTS auxquels nous renoncerions parce que, en fait, ces DTS vont mécaniquement vers les principaux détenteurs du FMI et donc la quote-part est extrêmement forte pour les USA, l’Europe…». Toutes ces stratégies préconisées par les Occidentaux visent non seulement à garantir leurs intérêts en Afrique, mais aussi à maintenir nos dirigeants à leur merci pour leur dicter leur volonté.

L’aide au développement n’est pas en tout cas la meilleure stratégie de développement pour nos Etats d’autant plus qu’elle perpétue notre dépendance des puissances impérialistes par le biais d’une dette de plus en plus lourde et oppressante. C’est comme si des pays comme la France nous condamnent à recevoir du poisson d’eux pour ainsi nous empêcher d’apprendre à pêcher.

C’est pourquoi de la colonisation à nos jours, nos relations avec l’Occident sont comme un piège sans fin. A peine nous commençons à déjouer l’un que nous tombons  sur un autre. Néocolonialisme, coups d’état pour se débarrasser des dirigeants encombrants, endettement faramineux pour financer des éléphants blancs, rapports biaisés dans le commerce mondial, arrimage de la monnaie et dévaluation, destruction du système éducatif, imposition de la démocratie à l’aune des réalités capitalistes et non sur la base de nos valeurs et de nos préoccupations, rebellions savamment orchestrées… et aujourd’hui  le terrorisme…

Si le développement peut-être la solution au terrorisme, il s’agit des investissement concrets pour les communautés à la base afin de leur fournir des sources sûres et pérennes de revenus. Mais, pas de la poudre aux yeux de l’aide au développement qui n’est d’ailleurs que misère à côté des fonds envoyés annuellement par la diaspora malienne à leurs familles ou pour financer des projets communautaires.

«La France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant», disait le regretté président Omar Bongo Ondimba du Gabon. Et le terrorisme est volontairement entretenu au Sahel pour que ce carburant puisse alors continuer à couler à flots !

Dan Fodio

 

Source: Journal Le Matin

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