Dr Amadou Boubacar Saye sur la sortie de crise au Mali : « Le Mali a besoin d’un homme d’envergure… »

Un Mali dirigé, non pas par un opérateur économique avec aucune connaissance du pays ni des institutions, mais par un homme politique d’envergure, intègre et compétent. Telle est la vision de Amadou Boubacar Saye, docteur en droit, professeur chargé des cours de stratégie à la Sorbonne en France et PDG de l’entreprise SOCEB. Cette position sur la vie de la nation, il l’a donnée lors d’une rencontre avec la presse au siège de son entreprise sis en commune VI du district de Bamako.

Au Mali, après les religieux qui s’accaparent de la scène politique depuis quelques années, c’est le tour maintenant des opérateurs économiques de vouloir lorgner Koulouba. Certains d’entre eux sont d’ailleurs devenus des acteurs politiques et d’autres préparent le terrain. Si beaucoup de Maliens ne s’intéressent pas à cet état de fait, certains observateurs aguerris, d’intellectuels, de grands analystes trouvent qu’il faut rendre à César à ce qui l’appartient, c’est-à-dire la politique aux hommes politiques ; les affaires aux opérateurs économiques et la religion aux leaders religieux. Telle est la position de Dr Amadou Boubacar Saye, expert en droit, diplômé d’État français en Administration des entreprises et en économie, et Président Directeur General de l’entreprise SOCEB.

Mais avant, Dr Saye a dévoilé son analyse sur les différentes crises au Mali, à savoir les crises sécuritaires, institutionnelles et la crise liée à la covid-19. Pour lui, la crise du Mali s’est aggravée jusqu’à ce niveau parce qu’elle a, toujours, été mal gérée. C’est pourquoi il a laissé entendre que « celui qui excelle à résoudre les difficultés les résous avant qu’elles ne surgissent ».

Dr Saye appelle à éviter la stratégie de Niche

Pour une sortie de crise au Mali, le professeur s’oppose vigoureusement l’arrivée, sur la scène politique, des opérateurs économiques qui n’ont ni connaissance du pays ni d’expérience dans la gestion du pays. Pour lui, il faut éviter ce qu’il qualifie de « la stratégie de Niche ». Cette stratégie, selon lui, résulte d’aléas et d’imprévus non formulés au départ. L’explication qui pourrait être donnée à cette stratégie est claire : les opérateurs économiques sont des imprévus dans la scène politique au Mali. Il a, par la suite, dénoncé le poids de l’argent dans la politique.

Pour Dr. Saye, certains opérateurs économiques, à travers l’argent, ont contribué à l’aggravation de la crise institutionnelle. Aussi, a-t-il, dans son document, déploré : « la mauvaise désignation des responsables ordres professionnels, comme l’APCAM, la chambre de commerce, le patronat revenant comme des appendices utiles aux régimes politiques ».  Et les conséquences de ces pratiques sont, à son entendement, les problèmes de gestion économique et financière aiguës, désorganisations, mésentente et dislocation ou instabilité.

Compte tenu de tous ces aspects, Dr Saye trouve que les opérateurs économiques n’ont pas leur place sur la scène politique dans la situation actuelle du Mali. Il estime qu’il n’est à eux de happer au pouvoir, mais de se retrouver dans la réglementation.

Le profil du dirigeant que Dr. Saye propose pour un Mali meilleur

« Je suis un cadre de ce pays, docteur en droit. Je dois faire des propositions qui me tiennent à cœur, y compris sur le dirigeant que le Mali a besoin pour le conduire à bon port », a déclaré Dr Amadou Boubacar Saye. Pour lui, le président dont le Mali a besoin doit être loin d’un opérateur économique qui n’a ni connaissance du pays ni expérience en matière de gouvernance. Celui dont le Mali a besoin aujourd’hui, selon Dr Saye, c’est cet homme politique reconnu être intègre, intelligent, honnête et qui a une grande connaissance du pays. Ce dernier, dit-il, devra pouvoir ramener la paix et la sécurité au Mali, garantir la réconciliation et le vivre ensemble, rétablir l’autorité de l’État et redonner au Mali ses valeurs d’antan. « L’enjeu au Mali est un défi sécuritaire : le Mali n’a pas besoin d’un opérateur économique pour assurer sa sécurité mais plutôt d’un homme d’envergure, intègre et compétent », a déclaré Dr Amadou Boubacar Saye. Droit dans ses bottes, il ajoute que : « ce ne sont pas les opérateurs qui feront le Mali. Chacun doit s’occuper de son job. Il revient donc aux politiques de s’occuper de la gestion pays ».

Par ailleurs, le docteur en droit, Amadou Boubacar Saye, a insisté sur la qualité du prochain président de pouvoir unir les Maliens. « La concentration des forces doit être considérée comme la norme, et toute division conçue comme une exception qui a besoin d’être justifiée », propose Dr Saye.

Boureima Guindo

Source: Journal le Pays- Mali

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