Examens scolaires de l’année 2020 : Promesse de gascon ?

Au Mali, normalement, les examens de fin d’année se tiennent au mois de juin, et consacrent le début des vacances scolaires. Mais pour cette année, à présent, aucune date n’est officiellement fixée pour les élèves des classes d’examen de l’enseignement technique, fondamental, secondaire, général et professionnel, qui n’ont repris le chemin de l’école que le 2 juin dernier.

En effet, les grèves intempestives des enseignants du public ont très fortement perturbé les cours durant pratiquement les deux premiers trimestres. Suivant le contexte de la crise sanitaire et pour éviter donc la propagation de la pandémie du Covid 19, le Conseil Supérieur de la Défense Nationale avait décidé de la fermeture de toutes les écoles publiques, privées et confessionnelles sur toute l’étendue du territoire national, le 17 mars 2020. Et le 2 juin 2020, seuls les élèves des classes d’examen ont été autorisés à reprendre les cours. Toutefois, en réalité, les cours n’ont repris dans les écoles publiques que le 22 juin 2020, après l’application par le gouvernement du fameux article 39, nœud gordien de la grève des enseignants du public et condition sine qua none à toute reprise. Mais, cette reprise se trouve confrontée à la crise politique qui bloque le fonctionnement du gouvernement depuis 4 semaines.

Alors, une course contre la montre s’engage par tous les acteurs en vue de sauver l’année scolaire. Car l’initiative « Ecole à la télé et à la radio » n’a pas produit les effets escomptés.

En tout cas, ces examens ne seront pas sans sacrifice, reconnait Daba Traoré, chef de la Division planification des examens et concours, à l’Académie de la rive droite de Bamako :

« Nous sommes jusqu’à présent à l’étape des préparatifs. Nous travaillons sur l’actualisation des listes des candidats. En ce qui concerne les Centres d’examen et autres, rien n’est encore bouclé, on n’a pas encore reçu les instructions de la hiérarchie », indique-t-il.

« Or, traditionnellement, à ce niveau de l’année, il se trouve qu’on a déjà choisi les salles d’examens et tous les centres où les candidats doivent passer leur examen », a rappelé le pédagogue qui note : « pour une bonne organisation, il faut finaliser l’inscription des élèves, rectifier les erreurs de dernières minutes à temps, et rectifier toutes les erreurs techniques commises ».

Il nous confie à ce sujet qu’un premier travail a été fait, où tous les dossiers qui ne tiennent pas la route ont été écartés et les intéressés ont été informés. « On est pour le moment à ce stade-là, en attendant les instructions du plus haut niveau pour pouvoir avancer ».

Aussi, précise Daba Traoré qui rassure qu’à ce stade des préparatifs, tout va bien, et même le cas des personnes déplacées n’est pas écarté : « leur recensement est en cours et on va finaliser leur inscription, afin de les inscrire dans les centres d’examens les plus proches », a indiqué le responsable de la planification des examens selon qui : « pour le moment, tout se passe bien ».

Si techniquement, on rassure que « tout va bien », sur le terrain, des doutes persistent. Amadou Diakité, enseignant au lycée privé Mandingue de Niamakoro dira que

« la tenue des bons examens scolaires reste intimement liée à la résolution du problème des enseignants du public, en ce qui concernant l’application de leur article 39. Si le président de la République a instruit l’application de cet article, je suis sûr que les enseignants du public seront regardants si l’incidence de cet article se fera sentir sur leur salaire du mois d’Aout par exemple. Si cela est bien acquis, ils pourront se disposer à passer les examens. Sinon, rien n’est encore sûr sur la tenue de ces examens cette année, qui pourraient être conditionnée à l’application de l’article 39 du statut des enseignants ».

Pour lui, il ne faut pas « hypothéquer l’année scolaire 2020-2021 », vu que l’école malienne l’est déjà.

En tout cas, si on estime, de part et d’autre, que face à une année exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles, certains parents d’élèves mettent en garde l’Etat : « Cette année, les enfants et les enseignants ont passé plusieurs mois en dehors des classes. Il ne faut pas qu’on assiste à un coup de théâtre au niveau de l’éducation nationale. Il ne faut pas que le département de l’éducation mette nos enfants dans des conditions difficiles pour pouvoir passer leur examen, nous avons besoin d’examens fiables et crédibles pour nos enfants », prévient Mme Dembélé Aissata Traoré, un parent d’élevés.

Ousmane Tangara

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