Le spectre de l’année blanche plane, désormais, sur l’école publique malienne. Surtout, avec la reconduction du mot d’ordre de grève jusqu’au mois d’avril prochain.

Après plusieurs semaines de grève sans résultat, le collectif des syndicats de l’éducation nationale vient de déposer un nouveau préavis de grève sur la table du ministre  du Travail. Avec, cette fois-ci, précise-t-il, rétention des notes. C’était, lundi 25 février. Et si le gouvernement ne réagit pas, avertit le secrétaire général de l’AEEM, Moussa Niangaly, « nous allons passer à la vitesse supérieure ».
Pour le collectif des syndicats de l’éducation nationale, leurs revendications ne sont au- dessus des moyens du gouvernement malien. Il s’agit, notamment, de l’octroi d’une prime de logement, de documentation, l’adoption immédiate du projet de loi portant plan de carrière du personnel enseignant du secondaire et de l’enseignement fondamental, de l’éducation préscolaire et fondamental.
« Ce que nous demandons aujourd’hui n’est pas impossible pour le gouvernement malien. Les dirigeants actuels n’ont pas besoin de l’appui logistique, ni de la Minusma, ni de d’une force étrangère pour la satisfaction de nos revendications. Et tous les points soulevés n’ont pas d’incidence financière, à l’exception de trois points », explique Adama Fomba, porte-parole du collectif des syndicats de l’éducation nationale.
Si le gouvernement reste sourd à leur plateforme revendicative, poursuit-il, le collectif des syndicats de l’éducation nationale entend décréter 360 autres heures de grève, réparties comme suit : du 11 au 15 mars prochains, du 18 au 22 mars prochains et du 1er au 15 avril 2019.
Inquiets, les parents d’élèves descendent dans la rue. Constitués, en majorité de femmes et de jeunes, ils ont battu le pavé, la semaine dernière, à Kayes et à Sikasso. D’autres régions s’apprêteraient à leur emboiter le pas dans les jours à venir.


Pour tenter d’apaiser la tension, le ministre du Travail et des Relations avec les Institutions était en tournée, à Dioïla, Ségou, San… Mais le collectif des syndicats de l’éducation nationale, lui, campe sur sa position : la satisfaction de ses revendications ou la poursuite de la grève.
A l’allure où vont les choses, l’école publique malienne s’achemine, inexorablement, vers une année blanche. Du moins, si rien n’est fait pour mettre un terme à cette grève. Qui n’a que trop duré au goût des parents d’élèves.

Oumar Babi

Source: Canard Déchainé