Exploitation des ressources ligneuses : le bois ne doit plus être exporté à l’état brut

Le directeur national des Eaux et Forêts, l’inspecteur général Ousmane Sidibé a entretenu vendredi dernier les journalistes sur les avantages liés à l’arrêté interministériel n°2021-0079/MEADD-MEF-MICPI-SG du 1er février 2021, déterminant les modalités d’exportations et de réexportations du bois transformé.

 

La conférence de presse d’information et de sensibilisation organisée à cet effet à l’Agence de l’environnement et du développement durable (AEDD), a enregistré la présence du conseiller technique du département en charge de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Niambélé Aminata Diarra et du président de la Fédération nationale des exploitants forestiers du Mali, Moussa Koné.

Cet arrêté avait suspendu et non interdit l’exportation et la réexportation du bois malien. Objectif : mieux organiser le secteur, favoriser la transformation sur place du bois afin d’ajouter de la valeur et mettre un terme à l’exportation brut de nos produits forestiers. Ce travail réalisé, la suspension a été levée le 31 mars dernier et les exploitants peuvent vaquer à leurs activités dans le strict respect des textes.

Pour permettre aux confrères de comprendre l’historique de cette situation, l’inspecteur général Ousmane Sidibé a expliqué que le Mali a adopté, depuis 2010, la loi n° 10-028 déterminant les principes de gestion des ressources du domaine forestier national. Cette loi exige de disposer d’un plan d’aménagement et de gestion pour exploiter la ressource forestière, a précisé le directeur national des Eaux et Forêts.

Il s’agit-là d’un document qui définit les quantités devant être prélevées dans la forêt par an sans l’endommager, les travaux de restauration à mener pendant un temps bien déterminé (au minimum 10 ans).

«C’est sur la base de ce document qu’on organise l’exploitation. Pour l’avoir, nous menons des études socioéconomiques, foncières, pastorales et faisons l’inventaire forestier, des calculs statistiques permettant de connaître le potentiel de la forêt sans abattre quoi que ce soit. C’est sur la base de ce volume qu’on calcule le quota d’exploitation annuelle (ce que la forêt peut donner par an sans préjudice», a détaillé le conférencier principal.

Toutefois, l’état n’avait pas assez de moyen pour élaborer des plans d’aménagement à mettre à la disposition des exploitants, conformément à la loi de 2010. Raison pour laquelle, a-t-il expliqué, l’état a ouvert ce secteur aux privés. «De 2017 à nos jours, nous sommes à 315 plans d’aménagements et de gestion de forêts.

C’est à travers ces plans d’aménagement que l’exploitation est menée au Mali», a précisé le directeur national des Eaux et Forêts, expliquant que l’exploitation est considérée anarchique lorsque ces plans d’aménagements ne sont pas respectés.

L’application de cette loi de 2010 déterminant les principes de gestion des ressources du domaine forestier national, a été suspendue en mai 2020 par le ministre en charge de l’Environnement. Motif ? Dans le dispositif de mise en œuvre de ces plans d’aménagements, le quota d’exploitation n’était pas respecté en certains endroits et la conduite de certaines activités de restauration de la forêt n’est pas menée à hauteur de souhait, a rappelé le directeur national des Eaux et Forêts.

«Au-delà de tous ces aspects, le bois exploité au Mali était exporté de façon brute. Il fallait prendre des dispositions pour ajouter de la valeur à notre bois pour qu’il ne soit plus exporté. Cela permettra de réaliser des recettes et créer de l’emploi», a expliqué l’inspecteur général Ousmane Sidibé.

«L’arrêté interministériel intervient dans ce sens pour organiser davantage ce secteur en définissant les niveaux de transformation du bois. Aussi avec cet arrêté, l’accès à la ressource forestière sera restrictif», a souligné le directeur national des Eaux et Forêts.

Makan SISSOKO

Source : L’ESSOR

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