Exploitation du bois d’œuvre : les nouvelles conditions expliquées aux acteurs de Kéniéba, Kita et Bougouni

Le péril plane sur le domaine forestier national. Il est menacé par les coupes abusives et l’exploitation frauduleuse du bois. Pour mettre fin à cette pratique néfaste, le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a décidé, le 31 mars dernier, de la levée de la suspension de l’exploitation du bois d’œuvre et de sciage au Mali.

 

Cette décision faisait suite à un arrêté interministériel du 1er février 2021, émanant dudit département, de celui de l’économie et des Finances, et en charge de l’Industrie et du Commerce. Ces différents départements ont fixé les modalités d’exportation et de réexportation du bois transformé.

Pour expliquer le bienfondé de cette décision aux acteurs de l’exploitation forestière, une mission d’information et de sensibilisation du ministère en charge de l’Environnement a sillonné, du 4 au 7 mars dernier, les Cercles de Kéniéba, Kita et Bougouni. Elle était conduite par le directeur national des Eaux et Forêts, l’inspecteur général Ousmane Sidibé.

Il était accompagné pour l’occasion par les représentants du Haut conseil des collectivités territoriales, Thierno Seydou Diarra et du Conseil national de Transition, Mme Dembélé Fatoumata Dembélé et de deux conseillers techniques, Mme Niambélé Aminata Diarra et Sidi Yaya Joseph Traoré.

Mme Niambélé Aminata Diarra expliquera à cet effet que l’objectif de la mission était d’éclairer la lanterne des participants sur les dispositions de la loi 10-028 déterminant les principes de gestion des ressources forestières. Aussi, elle a expliqué le contenu de l’arrêté interministériel du 1er février 2021, portant sur les modalités d’exportation et de réexportation du bois transformé au Mali.

Quant au directeur national des Eaux et Forêts, il a attiré l’attention des acteurs sur les dangers qui pèsent sur le domaine forestier national. «Le gouvernement a décidé d’associer les populations à la gestion des eaux et des forêts», a annoncé l’inspecteur général Ousmane Sidibé.

Il a rappelé que le Mali a adopté différentes lois régissant les conditions de gestion des forêts. S’y ajoute, selon lui, la Convention Cites (acronyme en anglais qui signifie Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, ratifiée par notre pays. Le responsable des Eaux et Forêts a appelé les exploitants et les populations au respect des normes règlementaires. Ce, par l’élaboration de plan d’aménagement et de gestion des massifs forestiers, nécessitant des études socio-économiques, foncières et environnementales, mais aussi par le respect des quotas des coupes d’arbres, a-t-il insisté.

Le directeur national des Eaux et Forêts a prévenu : «Aucun arbre ne doit désormais sortir du Mali à l’état brut, sans une transformation et une valeur ajoutée». Pour ce faire, a poursuivi l’inspecteur général Ousmane Sidibé, le nouvel arrêté prévoit trois niveaux de transformation locale du bois.

Une commission composée des services des Eaux et Forêts, de la Douane, du Commerce doit donner son quitus à cet effet, a assuré le patron des Eaux et Forêts. Et de préciser que les exploitants devront également élaborer un permis environnemental et s’acquitter d’une caution bancaire de 100 millions de Fcfa. Ce montant servira à réparer les éventuels dégâts causés lors de l’exploitation, a-t-il assuré. À chaque étape, les émissaires ont rappelé le même message de sensibilisation aux acteurs locaux.

Envoyé spécial
Mohamed TOURÉ

Source : L’ESSOR

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