Recrudescence de l’application de l’article 320 : Le ras le bol de la population face à sa justice

Au cours du mois de juillet dernier et au début de ce mois, 5 personnes ont été victimes de la justice populaire dans le district de Bamako. Cette pratique, faut-il le rappeler, a commencé au Mali après les événements de 1991. A l’époque le laxisme de l’Etat avait conduit les citoyens à se faire justice en brûlant vifs ou en tabassant les présumés voleurs.VOLEUR CABLE

Cette pratique que certains avaient dénommée en son temps l’article 320 du code de procédure accéléré montre le laxisme des magistrats à rendre la justice avec équité, un message fort envoyé aux autorités judiciaires. » Aye zo minè » A Bamako, ces quelques mots sont directement synonymes de vindicte populaire. Un pour tous et tous contre un… le présumé voleur est tout simplement lynché à mort sans autre forme de procès. Ces pratiques s’intensifient, et sans que le gouvernement maliens n’y mette le holà ! Il ne se passe un mois sans que la police n’intervienne pour stopper le lynchage des malfaiteurs, supposés ou avérés. Les présumés coupables qui ont eu la malchance de se faire traiter de voleur sont le plus souvent lapidés.

 

Le supplice du pneu ou du collier fait aussi partie de ces pratiques barbares. Il consiste à mettre un pneu autour du cou du condamné pour ensuite l’asperger d’essence et mettre le feu. Le cas le plus récent, est celui de Boubacar Traoré battu à mort le 13 août dernier en pleine journée à Yirimadio, non loin du 13ème arrondissement. Contrairement à son complice conduit au commissariat, Traoré n’a pas eu cette chance. Pourtant, Boubacar Traoré n’était pas un voleur de djakarta mais plutôt un petit voyou qui voulait échanger  un faux billet de 10 000 F CFA contre une carte de recharge.

 

Cela fait plus de deux décennies que cette pratique dure et se perpétue dans la capitale malienne et dans certaines zones du pays. Au niveau des services de la police, on ne dispose pas de chiffres exacts sur le nombre de décès occasionnés par la justice populaire, mais on constate tout de même une recrudescence de ces actes dans certains quartiers de la capitale et même à l’intérieur du pays où les citoyens préfèrent se rendre justice parce que n’ayant plus confiance aux autorités chargées de la rendre.      

 

 

    Moussa Sidibé

Source: L’Indépendant

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