Dans la région de Kayes, les autorités sont de plus en plus critiquées pour leur « manque d’action » face au problème d’esclavage. Celles-ci s’en défendent et rappellent certaines actions entreprises à Nioro du Sahel dans le conflit qui oppose des communautés dans le Kingui. Une localité de plus de soixante villages située entre Diéma0 0et Nioro du Sahel. Selon les autorités de la localité, les différentes initiatives ont « contribué à calmer la tension entre acteurs sur le terrain ». Une déclaration loin d’être partagée par l’Association « Gambana », qui lutte contre l’esclavage dans la région de Kayes.

La contribution des autorités exécutives de Nioro du Sahel se résument à deux points : « favoriser un dialogue constructif » entre les protagonistes et prêter assistance aux personnes déplacées. Selon Moustapha Kanté, préfet du cercle de Nioro du Sahel, il y a eu des missions du préfet et des missions de sous-préfets dans les zones concernées pour calmer la situation. « Je ne peux même pas compter combien des missions le sous-préfet de Gougi a eu à mener sur le terrain pour échanger avec les habitants », nous explique le préfet de Nioro du Sahel. « Tous recemment, quand on a appris que certains de nos habitants de Diandjioume étaient à Bamako, quand ils ont été ramenés au niveau du cercle par la contribution du ministre de la justice, j’ai moi-même fais accompagner ses habitants par les sous-préfets et les maires concernés », renchérit Moustapha Kanté.
Quant aux responsables juridictionnelles de la région de Nioro du Sahel, les dossiers en lien avec le phénomène « avancent bien ». Leurs actions ont contribué, ajoutent-elles, à favoriser le vivre ensemble au sein de certaines communautés. Badra Aliou Koné, le procureur de la République près le Tribunal d’instance de Nioro du Sahel confirme ce fait. « À chaque fois qu’on a connaissance de ce phénomène, nous avons pris toujours des mesure. Nous sommes allés même jusqu’à placer certains sur mandat de dépôt. Donc c’est pour vous dire qu’à chaque fois que le fait se présente, on prend les mesures et on engage des poursuites » explique le procureur du tribunal de Nioro du Sahel.
Si le tribunal d’instance de Nioro peut se « vanter » des acquis en matière de lutte contre le phénomène de l’esclavage, les victimes de leur coté, notamment à Kerouané dénoncent « la lenteur de leurs dossiers devant les juridictions à Diéma, puis à transférés vers Kayes ». Ces victimes qui ont fui les représailles, se sont refugiées à Diéma.
Interrogées sur cette lenteur, les autorités exécutives régionales de Nioro du Sahel n’ont pas souhaité se prononcer en vertu, disent-elles, du principe de séparation des pouvoirs.
Les responsables de l’association de lutte contre l’esclavage dans la région de Kayes « Gambaana » disent ne pas être au courant de ces initiatives entreprises par les autorités contre le phénomène. Selon eux, des pourparlers ont été engagés sans leur implication. Ils demandent aux autorités de régler la question de l’esclavage « avec la plus grande rigueur ».

 

Source: studiotamani