L’équipe communale dirigée par M. Abdoulaye du parti MOEDC et son équipe sont sur la sellette du fait leur gestion du domaine de Fana, ville située à 120 km de Bamako et à quelques encablures de Dioïla, Préfecture dont relève cette commune rurale. Notre équipe a tenté de comprendre.

Arrivée aux environs de neuf heures (09) à Fana, le soleil se levait, quelques rares motocyclistes circulaient. Nous avons tenté de joindre outre le maire et quelques conseillers, pour évoquer des problèmes et autres maux dont souffre la ville, nous sommes restés sur notre faim. Mieux, le maire qui était en déplacement à Ségou d’où nous venions, avait promis de nous rencontrer, en vain. Quand même le président de la société civile de Fana, M. Lamine Dembélé dit Badian, transporteur, entouré de certains collaborateurs et non les moindres. Selon Badian, parler de la situation domaniale de Fana, c’est évoquer un véritable casse-tête chinois pour les populations de Fana et dans tout le Baniko. Et pour cause, il y a beaucoup de gens qui sont victimes de cette politique de deux poids, deux mesures qui n’a que trop durée chez nous ici.

Selon Lamine Coulibaly, entrepreneur de son état, a été victime d’une tentative d’abus de la part d’un agent de l’Urbanisme à Fana pour avoir refusé qu’on lui retient 40% du champ paternel morcelé. En guise rappel, Lamine a rappelé qu’autre fois, ce sont les Chefs de villages qui donnaient la terre aux citoyens pour leurs usages. Avec le temps, les choses ont changé. « A fana, poursuivra-t-il, nous sommes spoliés par certains agents de services techniques (Domaine et Urbanisme), qui exigent de retenir 40% sur nos champs qu’ils morcèlent. Aucun texte en République du mali ne le prévoit. C’est pour cela que j’ai été à la Direction régionale de l’Urbanisme  de Koulikoro, pour me plaindre. Là-bas, il s’est avéré qu’aucun texte n’autorise l’agent à prélever un pourcentage important lors des morcèlements de terrains ».

Pour NfaMoussa Bagayogo, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali à Fana, membre de l’Union et ressortissant de Warsala. A entendre cet homme membre de la chefferie de Warsala, les populations sont victimes de la loi des spéculateurs et autres prédateurs terriens aidés de d’agents de l’état qui en reculent devant rien pour atteindre leurs objectifs. Et pour cause !

« Cette situation de vente tous azimuts de nos terres cultivables a débuté sous le règne ATT. A Warsala, 31,5 ha ont failli être morcelé n’eût été la mobilisation des populations qui se sont opposées malgré l’envoi de forces de l’ordre ; n’eût été les bons offices du président de la société civile, il allait avoir affrontements. A vrai dire, les morcèlements des champs est un vrai danger pour notre économie puisque finalement, les paysans n’auront plus de terres à cultiver. Il faut que les autorités arrêtent cette saignée. C’est le lieu de rendre un vibrant hommage à me Mohamed Aly Bathily pour le noble combat de lutte contre les spéculations foncières et les morcèlements sauvages qui constituent un vrai désastre pour nous paysans. Il est le seul qui nous écoute et nous soutien. C’est un grand patriote car, son séjour au département des Domaines nous a permis de comprendre beaucoup de chose et d’en apprendre sur nos droits. Nos champs sont réservés pour nos enfants et nos petits-enfants, les vendre constitue un vrai crime et un grand manque à gagner pour notre économie ». Parlant du maire de Fana, Nfa Moussa Bagayogo, reconnait que ses activités ne sont pas arrivées à Warsala mais, ils demeurent attentifs. « Il faut que le Président IBK mette fin aux morcèlements et aux ventes de nos terres. En tout cas à Warasala, cela est strictement interdit et tout individu que nous appréhendons, répondra de ses actes ! », aa dit Bagayogo.

  1. Mohamed Diaby, deuxième vice-président de la société civile, les Warsalais ont été courageux, en l’occurrence Bagayogo et les siens. Il a insisté sur le rôle des médias pour sensibiliser els paysans, les décideurs politiques sur les dangers de ces morcèlements et ventes de terres cultivables qui se réduisent comme peaux de chagrin. « Les autorités pour mettre fin à cette saignée dans le paysannat, doivent les aider à obtenir des prêts dans les banques pour mieux travailler car les montants de ces morcèlements ne sont aps versés dans les caisses de l’Etat du Mali. De Kayes à Kidal, l’Etat doit organiser nos paysans » a ajouté Diaby.

Pour Mamadou Konaté, paysan, membre de la CCIM de Fana : « Nous assistons à la violation flagrante des lois traditionnelles sur la gestion domaniale. Nous sommes très inquiets avec la tournure que prend la situation de nos terres. Le tandem entre les représentants de l’Etat et certains spéculateurs à morceler puis vendre nos terres cultivables, nous inquiète à plus d’un titre. Les montants acquis dans les morcèlements ne sont pas versés dans les caisses de la mairie. C’est là où le bât blesse ».

Selon nos informations, les montants des terrains morcelés à Fana pour en citer que cette mairie, en sont aps versés dans les caisses. Ces morcèlements et ventes jugées à l’emporte-pièce, selon nos radars, ne sont pas versés dans les caisses de la mairie de Fana. A titre d’exemple, le morcèlement du site (situé derrière le CAP) qui était réservé au Domaine et à l’Urbanisme de Fana, vient d’être morcelé en catimini, puis vendu à des particuliers sans l’aval du Conseil Communal. Les mêmes sources indiquent qu’il est prévu un site de 15ha devant abriter l’administration dénommé « Cité Administrative ». Selon nos informations, les morcèlements engendrent de gros bénéfices comme 43% donnés aux représentants de l’Etat (Sous-Préfecture, Préfecture, Urbanisme, Domaine, Mairie…).

D’où cette grande interrogation où vont les recettes engendrées par l’équipe actuelle ?

Pourquoi l’avis du Conseil Communal n’est aps demandé à chaque morcèlement de terrain ? Qu’est ce qui lierait le Sous-Préfet de Fana au maire actuel ?

Comment Fana, ce grand carrefour pourrait se développer sans des taxes dignes de ce nom quand on sait déjà que le Poste de Contrôle qui engendrait 600 000 FCFA de recettes, vient d’être supprimé ? Que le parc à bétail a du mal à fonctionner à cause d’un différend entre deux coopératives ?

Après un peu plus d’un an de gestion à la tête de la mairie qui était endettée à en croire nos sources, quelle serait la méthode de l’équipe d’Ablo pour faire développer cette cité qui compte déjà près de six unités industrielles à leur tête la CMDT , cette fierté du Baniko.

Nous y reviendrons prochainement !

Bokari Dicko, envoyé spécial

Par Mali Demain